Devenir propriétaire en Flandre reste un rêve difficile à atteindre pour de nombreux ménages. Mais qu’en est-il de l’autre côté de la frontière linguistique ?
Acheter en Wallonie est-il réellement plus abordable ? Et quelles différences fiscales, administratives ou pratiques faut-il anticiper ? Voici un tour d’horizon complet des principales disparités entre les deux régions.
Des écarts de prix toujours marqués
Sur le marché bruxellois, une maison se vend actuellement en moyenne 576.763 €. En Flandre, les prix continuent également de grimper : de 302.909 € en 2020, la valeur moyenne d’une maison atteint désormais 375.053 €. Pour un appartement, il faut compter environ 281.541 € en Flandre contre 295.068 € à Bruxelles.
En comparaison, la Wallonie reste nettement plus accessible. Le prix moyen d’une maison y est de 270.627 €, soit plus de 100.000 € de moins qu’en Flandre. Et si l’on compare les provinces les plus abordables de chaque région, l’écart se creuse encore : 216.837 € en Hainaut contre 331.353 € en Flandre-Occidentale, soit une différence de plus de 114.000 €.
Pour les appartements, l’avantage reste visible : 206.297 € en moyenne en Wallonie, contre plus de 281.000 € en Flandre, soit environ 75.000 € d’écart.
Un cadre fiscal différent selon la région
Depuis le 1er janvier 2025, la Wallonie applique un droit d’enregistrement réduit à 3 % pour l’achat d’une première et unique résidence familiale. C’est un net progrès par rapport à l’ancien taux de 12,5 %, mais cela reste supérieur au taux de 2 % désormais en vigueur en Flandre pour les acheteurs qui remplissent les conditions requises.
À Bruxelles, le taux standard reste 12,5 %, mais l’acheteur peut bénéficier d’une exonération partielle sur les 200.000 € premiers euros du prix, sous certaines conditions.
Pour profiter du tarif préférentiel wallon, l’acquéreur doit :
- être une personne physique ;
- acheter la pleine propriété du bien ;
- s’y domicilier dans les trois ans (ou cinq ans en cas de terrain à bâtir ou d’achat sur plan) ;
- y résider au moins trois années consécutives ;
- et ne pas posséder d’autre bien immobilier en pleine propriété.
Les obligations énergétiques : des politiques encore divergentes
Comme dans les deux autres régions, un certificat PEB (EPC) est obligatoire lors de chaque transaction immobilière en Wallonie. La différence se situe dans les obligations de rénovation.
En Flandre, toute habitation ou tout appartement affichant un label énergétique E ou F doit obligatoirement être rénové pour atteindre au minimum le label D. En Wallonie, la contrainte est pour l’instant plus légère : seules les habitations mises en location et classées label G doivent être rénovées au moins jusqu’au label F.
Mais cela va changer. À partir du 1er juillet 2026, toute personne achetant une habitation wallonne avec un mauvais label énergétique devra l’améliorer jusqu’au label D dans les cinq ans suivant l’achat. Une mesure qui vise à rattraper le retard énergétique du parc immobilier wallon.
En résumé
Acheter en Wallonie reste une option financièrement plus avantageuse, mais il ne faut pas négliger les spécificités fiscales et les futures obligations énergétiques. Entre les prix plus doux et la simplification récente des droits d’enregistrement, le sud du pays séduit de plus en plus d’acquéreurs flamands… à condition de bien se préparer aux différences administratives et aux nouvelles exigences en matière de performance énergétique.